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Jean-Marc Berthoud : L'avortement à la lumière de la Bible - Tu ne commettras point de meurtre (Exode 20.1-18 ; Genèse 1-2 ; Matthieu 5.17-26)

Cette étude du théologien Jean-Marc Berthoud a été initialement une prédication du culte de l’Eglise Evangélique Baptiste de Lausanne le 2 juin 2002, jour de l’acceptation par une écrasante majorité du peuple suisse de la dite “solution des délais”, autorisation légale accordée à tout un chacun d’assassiner librement ses propres enfants de moins de douze semaines.

Ce n’est pas l’habitude de notre église de faire des prédications d’actualité, car nous pratiquons en général l’étude systématique suivie de la Parole de Dieu. Mais, en ce jour solennel où notre pays se trouve devant un choix entre la vie et la mort (“Choisis la vie et tu vivras”), nous avons pensé qu’il était bon d’aborder le thème du sixième commandement : Tu ne commettras point de meurtre.

Cette question me préoccupe depuis fort longtemps. Déjà en 1972, nous étions confrontés par une initiative fédérale qui réclamait le droit à l’avortement jusqu’à la naissance. A cette époque, tourmentant mon âme à propos d’un pays, le mien, qui méprisait les lois de Dieu (nous attendions à l’époque notre premier enfant), je m’étais senti dans l’obligation d’écrire une lettre personnelle, à la main, aux ecclésiastiques de notre canton. Deux cents lettres manuscrites furent ainsi envoyées pendant six mois, sans parler de la correspondance fournie qui s’ensuivit.
C’est cette lettre que j’ai reprise, il y a environ deux semaines, sous forme imprimée cette fois, et que j’ai envoyé au nom de l’Association vaudoise de parents chrétiens aux responsables de l’Eglise Evangélique Réformée de ce canton de Vaud et aux pasteurs réformés de toute la Suisse Romande. Nous nous sommes ainsi adressés spécifiquement à l’Eglise réformée de nos régions car c’est cette dénomination qui a très officiellement soutenu l’approbation par les électeurs suisses d’une loi qui pousse à l’assassinat des plus faibles parmi nous, des tout-petits enfants qui normalement devraient être protégés par le sein de leur mère, par le droit et la justice !

En introduction à ce sermon, je veux vous lire cette lettre.
C’est ensuite que nous examinerons ensemble le sixième commandement : Tu ne commettras pas de meurtre.

Lettre envoyée au nom de l’Association vaudoise de parents chrétiens aux responsables laïcs et aux pasteurs réformés de Suisse romande le 15 mai 2002

Monsieur le Pasteur, Madame, Monsieur,

Le peuple de notre pays, et plus particulièrement celui de notre canton, se voit face à la votation du 2 juin prochain sur la solution dite du “délai” - qui autorise la destruction d’un enfant jusqu’à sa douzième semaine et, dans certains cas, à un stade bien plus avancé de sa croissance - obligé d’affronter un choix redoutable.

Est-il encore nécessaire de démontrer que depuis sa conception, le fœtus est un être biologique pleinement vivant, un tout petit enfant, qui, si le cours normal de sa croissance n’est pas interrompu, grandira en un homme ou une femme, qu’il est donc déjà en puissance ce qu’il sera alors manifestement : un être humain à part entière ?

Nous savons également que l’extermination systématique d’hommes et de femmes jugés indésirables par la société (il s’agit ici de la société familiale, composée par les parents de l’enfant rejeté) s’appelle en bon français euthanasie ou génocide.

Qu’il s’agisse de vieux, de malades mentaux, de personnes handicapées ou de fœtus, le processus est toujours le même : celui de la négation de l’humanité de ceux dont il faut à tout prix se débarrasser.

Il en va de même pour l’extermination de populations entières pour des raisons de race, de classe, de nationalité ou de religion, comme cela s’est si largement fait au siècle dernier pour les Arméniens, les Juifs, les Tziganes, les Serbes (par les Croates sous Hitler), les Cambodgiens, les Koulaks, les Congolais (avant la Première Guerre Mondiale), les Tutsi ou les Hutus et bien d’autres communautés dont l’existence même était jugée indésirable par les pouvoirs en place.
En Allemagne nazie et en Russie communiste de tels actes d’extermination ont été imposés au peuple par des régimes totalitaires abominables.

Une telle sauvagerie à l’égard des plus faibles de nos concitoyens, les embryons cachés dans le sein de leur mère, sera-t-elle acceptée par le peuple Suisse en votation libre ?

Les paroles du prophète Ezéchiel adressées il y a tant de siècles aux bergers du peuple d’Israël sont d’une actualité toujours aussi brûlante pour les responsables chrétiens de notre pays.

Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part. Quand je dis au méchant : Méchant tu mourras ! Si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang. Mais si tu avertis le méchant pour le détourner de sa voie, et qu’il ne s’en détourne pas, il mourra dans son iniquité, et toi tu sauveras ton âme (Ezéchiel 33.7-9).

Cette fois-ci encore, la voix des pasteurs et des responsables chrétiens sera-t-elle celle de la bonne conscience qui endort, ou saurez-vous assumer les exigences divines de votre vocation afin d’avertir notre peuple du danger mortel dans lequel il se trouve ?

Saurez-vous prendre vos responsabilités devant Dieu, devant ceux qu’Il vous a Lui-même confiés, devant tous ces hommes et ces femmes créés à l’image de Dieu, qui ne connaissant pas la vérité commettent de tels actes abominables envers leurs propres enfants ?

Désirez-vous, en tant que chefs spirituels chrétiens, porter devant Dieu et devant les hommes, par votre silence complaisant ou, pire encore par votre approbation du meurtre de ces innocents, le sang sur vos mains de tous ces hommes, de toutes ces femmes ?

Dans la crainte du juste jugement de Dieu sur nous tous et par les compassions du Christ. Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous tous pécheurs.

Jean-Marc Berthoud,
Président

Tu ne commettras pas de meurtre

Maintenant, quelle que soit la décision qui sera prise ce dimanche, il nous faut continuer à faire avancer notre réflexion. Voici les questions essentielles auxquelles il nous faut répondre : d’où viennent ce caractère irrationnel des arguments des partisans de l’avortement, leur incapacité de reconnaître l’embryon comme un être humain, pire encore leur rejet de certains êtres humains de la catégorie même de l’espèce humaine ?

Cette semaine, une dame est venue à la librairie et nous avons eu une bonne conversation. À un certain moment, la conversation est venue sur le sixième commandement qu’elle m’a tout de suite cité comme “Tu ne tueras point”. Elle en donna ensuite le commentaire suivant : “Cela veut dire Tu ne tueras pas d’animaux” et elle ajouta que c’était pour cette raison qu’elle était devenue végétarienne. Cette conversation m’a conduit à me poser deux questions qui seront les deux points de ma prédication.

Le premier point concerne la confusion des catégories. Nous allons brièvement regarder le premier chapitre de la Genèse.

Nous examinerons ensuite l’erreur de formulation du commandement. Dans l’Exode ainsi que dans le Deutéronome, qui répète le Décalogue, il n’est pas question de “Tu ne tueras point ”, mais de Tu ne commettras point de meurtre. Nous étudierons ce point à partir du chapitre 19 du Deutéronome, versets 1-21, passage qui n’est autre chose qu’une explicitation du vrai sens de ce commandement.

En conclusion, nous ferons quelques remarques sur ce que nous dit Jésus-Christ dans l’Evangile par rapport à la haine que nous ne devrions pas cultiver dans notre cœur à l’encontre de notre prochain.

I) La confusion des catégories
Comme nous l’avons vu, le sixième commandement peut se traduire aujourd’hui dans l’esprit de certains de nos concitoyens par cet ordre nouveau : “Tu ne tueras pas des animaux”.

Comment en sommes-nous arrivés là ? S’agirait-il d’une forme nouvelle de l’ancienne adoration des animaux ?

Il faut se rendre à l’évidence. Il s’agit bien là d’une tendance propre à notre société à faire de l’animal une véritable idole. L’animal est souvent placé aujourd’hui au-dessus de l’être humain et même parfois à la place de Dieu lui-même.

Nous faisons en fait ici un retour aux vieilles coutumes du paganisme et à l’idolâtrie, ou plutôt à quelque chose qui leur est assez proche, sous la forme d’un sentimentalisme souvent obsessionnel.
Ou encore, s’agirait-il ici de ce que l’on appelle "l’écologisme”, c’est-à-dire de la forme fanatique d’une préoccupation légitime du bien de la nature ?
S’agirait-il alors d’un certain panthéisme qui mettrait la nature non humaine au-dessus de l’homme ?
Ou encore, comme c’était semble-t-il le cas pour la dame avec laquelle nous conversions à Librairie La Proue qui me dit d’emblée être divorcée, serait-ce le signe d’une déception profonde quand aux relations humaines et l’expression d’une recherche de consolation affective, certes compréhensible, mais bien abusive, auprès des animaux ?

Peut-être que toutes ces raisons ont leur part de vérité, mais quelle est ici la réponse biblique, l’éclairage que peut nous donner la révélation divine ?

Nous lisons dans Genèse 1.29 : Dieu dit : Voici que je vous donne toute herbe porteuse de semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre fruitier porteur de semence : ce sera votre nourriture.

Ce texte se réfère au végétarisme d’avant le déluge comme système alimentaire normal. Mais avec la croissance du péché dans le monde et les changements climatiques conséquents au Déluge, les hommes n’en sont pas restés là. Car dans Genèse 9, versets 3 à 4, il nous est dit que la viande peut dorénavant être mangée librement. Il ne faut cependant pas consommer le sang des animaux avec leur chair : Tout ce qui rampe et qui vit vous servira de nourriture : je vous le donne comme je l’ai fait des végétaux. Pourtant, vous ne mangerez pas de chair avec sa vie, (c’est-à-dire) avec son sang.

Voici la réponse biblique au végétarisme de notre interlocutrice.

Mais il y a ici plus que cela. Chez notre brave dame, il y avait confusion de catégories. Elle ne comprenait plus la véritable différence entre l’animal et l’humain.

Même les peuples les plus primitifs, même les Pygmées par exemple, comprenaient toujours qu’il y avait une distinction essentielle, catégorielle entre l’animal et l’humain.
Il semble que notre présente déchéance intellectuelle, morale et spirituelle nous rend nettement plus ignorants que ces peuples primitifs ; que notre confusion est aujourd’hui plus grande que ne l’était la leur.

Dans la suite du texte de Genèse 9, il nous est dit que Dieu réclamera le sang de l’homme à tout animal. C’est-à-dire, si un animal tue un homme, il faut que cet animal soit mis à mort. Mais il est aussi affirmé que Dieu réclamera à chaque homme la vie de l’homme, son frère, son prochain, qu’il aura détruit : […] celui qui verse le sang de l’homme par l’homme son sang sera versé (Genèse 9.5-6).

Ce châtiment exemplaire pour le meurtre est confirmé en Romains 13, aux versets 3 à 4, où il est dit que le magistrat détient de la part de Dieu le glaive, c’est-à-dire la puissance légitime de mettre à mort des hommes coupables afin de punir les malfaiteurs qui enfreignent toute loi passible de la peine de mort. La raison en est fournie par le verset 7, car Dieu a fait l’homme à son image, alors que l’animal lui n’est pas créé à l’image de Dieu.

Il est certes cependant un être animé et détient (contrairement aux êtres vivants inanimés) la capacité de se mouvoir. Mais il n’est pas, sur le plan spirituel, semblable à l’homme. Certes l’animal reflète le Dieu créateur, il en est un vestige, un signe concret de la présence, de la puissance créatrice de Dieu et de sa sagesse.
Mais il n’est pas pour autant, comme l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Les deux premiers chapitres de la Genèse nous permettent de mieux comprendre ce que cela veut dire.

L’ordre dans lequel la création a été déployée par Dieu révèle, par ce fait même, les distinctions et les catégories progressivement établies par lui. Le chapitre premier de la Genèse peut être divisé en deux parties, l’une qui traite de la structure donnée par Dieu à la création et une deuxième qui nous parle de l’aménagement de la création, de son ameublement, s’il nous est permis de parler ainsi. Dans cette oeuvre qui se déploie complètement au cours de six jours créationnels, nous observons l’établissement d’une série de différenciations, de catégories distinctes et stables établies entre les différents êtres, et que la Bible exprime en des termes distincts et très précis.

Tout d’abord est établie la distinction métaphysique primordiale, celle entre Dieu et sa création. C’est la première et la plus fondamentale de toutes les distinctions que nous donne la Bible. Dieu et la création sont absolument distincts. Ils ne sont pas opposés l’un à l’autre, mais distincts. Dieu soutient la création qui ne peut exister sans son action providentielle constante, mais le Créateur ne peut être identifié à la création qui n’est d’aucune manière une émanation, un prolongement de l’être du Créateur.

Dans le prolongement de cette première distinction nous avons la création du ciel et de la terre, distinction cette fois entre les réalités visibles (la “terre”, notre univers, le cosmos, dont le récit de la Genèse s’occupera exclusivement) et le ciel, (les réalités invisibles, angéliques et, plus tard, démoniaques). Ce sont là ces réalités “visibles et invisibles” dont parle le Credo.

La deuxième distinction concerne la manière dont Dieu a, au commencement, créé toutes choses. Dieu à l’origine crée tout ex nihilo, à partir de rien et non à partir d’une matière pré-existante. Mais ce qu’il crée ainsi de rien est “informe et vide” (Genèse 1.2). C’est-à-dire que la terre, tirée du néant par la seule Parole créatrice de Dieu, ne manifeste pas encore sa forme définitive.

En termes philosophiques, on pourrait dire que si cette forme n’est pas encore visible elle existe en puissance dans ce qui est déjà créé, mais qu’elle n’est pas encore manifestée. Il faut maintenant que la Parole de Dieu la façonne à partir de ce qui a déjà été créé. Ce sera là l’œuvre des six jours.

Au verset 3 nous avons l’établissement de la distinction entre les catégories de lumière et de ténèbres. Le mot de “séparer” est très souvent utilisé dans ce premier chapitre. Il implique les notions de discernement, de distinction et même de discrimination. Cette dernière expression est un concept très utile, même essentiel, pour autant que la discrimination ne soit pas injuste. L’acte de discriminer consiste en fait à voir la différence exacte entre une chose et une autre, par exemple entre un feu vert et un feu rouge, entre le froid et le chaud.

En fait, sans discrimination juste il n’est tout simplement pas possible de vivre.

Nous voyons ensuite au verset 6 la séparation entre les eaux qui sont en bas et celles qui sont en haut, c’est-à-dire entre la mer primordiale et les nuages, le firmament ou l’atmosphère les séparant.
Au verset 9, est établie la distinction entre la mer et la terre ferme, entre les océans et les continents.

Dans la deuxième partie de ce premier chapitre, nous assistons à ce que nous pouvons appeler l’aménagement, ou l’ameublement de la création.

Aux versets 11 à 12, nous voyons la création de la végétation, catégorie particulière. Aux versets 14 à 18, celle des astres, des étoiles, de la lune et du soleil.
Aux versets 20 à 22, nous voyons la création des oiseaux et des poissons, puis celle des animaux.
Finalement, aux versets 26 à 30, nous parvenons au point culminant de cette œuvre de création et de distinction, la création de l’homme et de la femme, c’est-à-dire de l’espèce humaine, homme et femme, créés tous deux à l’image de Dieu.

Il s’agit du couronnement de la création divine.

Nous avons à faire ici à des distinctions qui sont parfaitement visibles pour nous aujourd’hui dans les structures de l’ordre créé, tel que nous pouvons le contempler autour de nous : matière, végétation (matière vivante différente dans la complexité de sa structure de la matière inerte), poissons, oiseaux, animaux, et enfin l’homme.

Dans le texte de la Genèse, la stabilité de ces catégories créées est partout affirmée de la manière la plus nette. Il est dit des espèces qu’elles se reproduisent toutes selon leur espèce. C’est ce que nous pouvons constater de nos propres yeux chaque jour. Mais cela est vrai également de toutes les catégories de l’ordre créé. Normalement le fer reste du fer. Le plomb reste du plomb. L’uranium reste de l’uranium, même si ce dernier élément peut connaître une détérioration partielle.

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’il existe des distinctions précises dans la création et que ces distinctions sont réelles. Elles sont en fait constitutives de l’ordre stable de l’univers.

La tendance actuelle dans tous les domaines cherche à effacer ces distinctions.

Tout doit être mouvement ; tout doit évoluer ; rien n’est stable.

C’est la dialectique hégélienne, l’évolution darwinienne, la philosophie et la théologie du changement, la “ process philo-sophy ” de Whitehead.

C’est pour cette raison que notre société ne parvient plus à comprendre qu’il existe une différence essentielle, irréductible entre l’homme et la femme, entre l’homme et l’animal ou encore entre l’homme et la machine, même si l’homme a, lui aussi, un aspect de sa nature qui est matériel et mécanique.

Notre société apostate (c’est-à-dire celle d’un véritable post-Christianisme) a été livrée à une confusion d’esprit bien plus grave que celle que l’on trouvait autrefois dans le paganisme pré-chrétien. Malgré le mépris dans lequel nous avons tenu les peuples primitifs, on peut dire que dans ce domaine, ils étaient certainement moins primaires, bornés et obtus que nous le sommes aujourd’hui.

Pendant mes années de porteur à la gare de Lausanne, j’ai souvent eu l’occasion de discuter avec des africains au sujet de l’avortement et j’ai immanquablement découvert qu’ils ne parvenaient pas à comprendre la légitimation d’un tel crime. Dans ce domaine les sauvages et les primitifs, c’est nous ! Car, sur le plan des catégories, nous avons livré notre entendement à l’esprit du chaos.

Voilà l’enjeu philosophique et spirituel qui se cache derrière cette votation. Et les implications pratiques d’un tel enjeu sont abominables, puisqu’il s’agit de soumettre au verdict d’une votation populaire, avec tout ce que cela comporte d’aléatoire et de subjectiviste, le fait d’exterminer (ou non) une catégorie spécifique de l’espèce humaine.

L’homme est créé à l’image de Dieu, mais il détient aussi des caractères qui lui sont communs avec l’animal : il en a le souffle et la mobilité. L’homme peut aussi assimiler des végétaux ce qui, en un certain sens, le relie au règne végétal. Il est aussi fait de matière et son corps peut être décomposé entre les éléments qui le constitue.

Mais l’homme ne peut, dans ce qui lui est propre, être défini par les aspects qui le relient au reste de la création, car il est, en sa personne même, placé au-dessus de tout ce qui est sous le soleil, étant le point culminant de toute la création. Il résume en lui-même tous les autres ordres et les dépasse. Il manifeste ainsi l’unité de la création. Mais ajoutons que la création contient en elle-même également la diversité. Car elle est le reflet du caractère de Dieu, son Créateur. Dieu en effet est à la fois parfaitement Un et parfaitement Trine, un Dieu en trois Personnes divines, ceci sans qu’il y ait la moindre opposition entre Sa Trinité et Son Unité.

La dame dont nous évoquions la visite à La Proue percevait ce qu’il y a de commun entre l’homme et l’animal. Ceci est juste et la Bible en parle. Cela implique que l’animal doit être davantage respecté qu’un légume ou qu’une pierre. Par exemple, la Bible nous enseigne qu’il ne faut pas boire le sang avec la chair de l’animal que l’on consomme, car l’âme de l’animal (sa vie) se trouve, nous dit la Thora, dans son sang ; ou, encore, qu’il ne faut pas museler le bœuf qui tourne la meule (Deutéronome 25.4), parce que le bœuf est une créature animée de Dieu qui mérite notre respect ; elle ne doit pas être brimée. C’est pour cela que l’apôtre peut utiliser cet exemple pour illustrer le fait que tout ouvrier mérite un salaire.

Pour prendre un exemple encore plus actuel, on pourrait dire qu’il n’est pas légitime de mettre les poules dans des batteries parce que la poule a elle aussi le droit de vivre selon les exigences de sa nature, évidemment brimée par les batteries. Certes, historiquement l’inhumanité des hommes envers les hommes (avec les horreurs de la révolution industrielle) a précédé celle que nous avons déployée envers les animaux. Mais à force de traiter les poules comme de la matière, on affermit des habitudes d’insensibilité chez nos concitoyens, ce qui les conduira à traiter leur prochain de manière semblable. C’est en effet ce que l’on a abondamment fait au cours du siècle d’enfer qui vient de se clore !

Derrière ces différentes formes de cruauté se trouve une attitude “scientifique” matérialiste et mécaniste. Car, dans cette perspective, qui est celle de la philosophie cartésienne, l’homme en tant qu’être physique ainsi que l’animal sont tous deux conçus comme des machines. Cette attitude manifeste déjà très clairement une perte de conscience des catégories bibliques et créationnelles.

C’est en fait sur toutes ces questions que nous votons aujourd’hui ! Dans la Bible, la peine de mort est applicable (entre autres) à celui qui tue un homme volontairement, avec préméditation et avec haine. La peine capitale n’a en fait rien à voir avec le fait de tuer un animal. Il m’est arrivé une fois de renverser une poule avec mon scooter ; j’en étais désolé et j’ai demandé à la paysanne propriétaire de la poule ce je lui devais pour ce forfait. Elle m’a répondu que ce n’était pas bien grave comme la poule était vieille. Elle la mettrait au pot pour le repas du dimanche. J’aurais été autrement désolé, et je le serais encore aujourd’hui, si j’avais renversé et tué son enfant.

Et que penser d’une mère qui me répondrait comme la paysanne  : “Ce n’est pas bien grave, on va mettre le petit au pot pour le repas de dimanche". Cependant, n’est-ce pas en fait ce que nous faisons ?

Nous avons perdu le sens des catégories. Nous traitons aujourd’hui les enfants comme jadis on traitait les poules. Les catégories qui permettaient jadis le discernement et la discrimination exacts entre ce qui est juste et ce qui est faux ont complètement disparu.

Nous ne savons plus, par exemple, qu’il y a une différence de catégories entre les parents et leurs enfants ; les parents ne savent même plus que c’est à eux de commander à leurs enfants et non l’inverse.

Nous avons ainsi perdu le sens des catégories distinguant le maître de l’élève, les patrons des ouvriers, le pasteur de ses ouailles, le souverain du peuple, le mari de son épouse. On appelle le peuple souverain, ce qui est encore une confusion des catégories, une duperie. Le souverain est celui qui édicte les lois, le peuple celui qui s’y soumet. On fait croire au peuple que c’est lui qui gouverne (ce qui est une pure illusion) pour mieux se le soumettre, pour l’empêcher de se révolter, de s’opposer aux décisions injustes de son souverain.

On ne voit même plus ce qui distingue les hommes des femmes et c’est pour cette raison que le mari ne sait plus légitimement exercer une quelconque autorité sur son épouse. Si, malgré tout, il le fait, il ne pourra éviter d’en éprouver mauvaise conscience, un sentiment de malaise face à la “moralité” reçue par toute la société, son épouse en premier, malaise que tous s’évertueront à rendre indéracinable. C’est cela la féminisation de la société, de l’Eglise, de la famille, désastre moral et social, dû, d’abord et avant tout, à la perte chez nos contemporains de tout sens des catégories bibliques et créationnelles.

Nous sommes confrontés a un monde perdu, sans repères. Et ce chaos doit tout d’abord être déraciné en nous.

Dans un autre domaine, il nous faut constater qu’il y a aujourd’hui confusion dans l’Eglise entre les catégories d’ancien et de membre. Selon la Bible (et cela s’applique à toutes les structures de la société), les membres de la société ecclésiale doivent respect aux anciens qui ont la charge de la gouverner. Les anciens doivent sans doute, eux aussi, respecter les membres. Ces deux formes de respect ne sont pas du même ordre. En abolissant ces catégories et les vertus (les bonnes habitudes qui s’attachent à leur pratique soutenue), nous avons rendu l’Eglise presque ingouvernable. Ce n’est qu’un exemple parmi mille.

Dans tous les domaines, nous avons aplati les distinctions sociales saines (les hiérarchies) sous le rouleau compresseur de l’égalitarisme destructeur de tout ordre. C’est ce que Marcel De Corte appelle la vie en dissociété.

En voici assez pour notre premier point. Venons-en au deuxième.

2) L’erreur de formulation
Le sixième commandement ne se formule pas, comme on l’entend trop souvent : “Tu ne tueras point”, mais très exactement, “Tu ne commettras point de meurtre".

En hébreux, il existe plusieurs termes pour désigner l’acte matériel de tuer un homme. Un premier peut être traduit par “tuer” tout court  ; un deuxième par “commettre un meurtre” ; un troisième par “exécuter un coupable”. Les mots français, décès, assassinat et exécution, bien qu’évoquant tous trois mort d’homme, n’ont cependant pas du tout le même sens. Pourtant, dans les journaux, ces termes sont souvent confondus. Par exemple, pour évoquer le meurtre d’otages par des terroristes, on parle "d’exécutions”. Voilà un bel exemple de mélange des catégories. Il s’agit, en fait, d’un assassinat pur et simple. Le terme "d’exécution” devrait être réservé à une mise à mort pratiquée par un bourreau sous l’autorité d’un magistrat légitimement désigné, ceci après un procès équitable et juste et pour des crimes passibles de la peine de mort.

C’est en conséquence d’une telle perte du sens de ces catégories, reflétée par de nombreuses confusions dans l’utilisation de la langue, qu’on en est venu à l’aberration de la votation d’aujourd’hui.

Les distinctions catégorielles établies par la langue sont ici d’une importance capitale, fondamentale. Le langage nous a été donné par Dieu. Il reflète le “logos” divin, la Parole divine, expression temporelle de la Loi éternelle de Dieu, le décret immuable de la sagesse divine. Le langage humain a certes besoin d’être corrigé, mais il a été fondé dans toute la variété de ses structures par Dieu. Le langage de la Bible nous fournit l’instrument dont nous avons besoin pour le corriger. C’est en fait ceci que nous essayons de faire dans cette prédication.

Toutes les distinctions que je décris sont bel et bien contenues dans la langue, mais elles se trouvent, rappelons-le, de manière normative dans la Parole de Dieu. Elles peuvent aussi être observées par une méditation attentive et humble de l’ordre créationnel. Un maître n’est pas un élève et si on confond le maître avec l’élève le maître ne pourra plus enseigner et l’élève ne pas apprendre. C’est dans ce triste état que se trouvent dans une grande mesure nos écoles.

Comme nous l’avons vu, la cause ultime de cette situation est métaphysique. Il s’agit de cette perte du sens des catégories dont nous nous occupons. Mais ici il y a davantage. Nous nous trouvons devant une perte du sens exact du sixième commandement.

Dans le livre du Deutéronome au chapitre 19 et au verset 14, - passage qui fait partie des chapitres de ce livre consacrés à l’explicitation du sens véritable et typologiquement complet des dix commandements - nous trouvons un texte surprenant qui semble, à première vue, être sans rapport avec notre sujet : Tu ne reculeras pas les bornes de ton prochain posées par tes ancêtres dans l’héritage que ton Dieu te donne pour que tu en prennes possession. Reculer les bornes de sa propriété, augmenter la surface du terrain dont on dispose en déplaçant les bornes (antique pratique de fraude paysanne), est effectivement une forme de vol. Certes, le vol peut conduire à des conflits avec son prochain, au meurtre puis même à la guerre. Mais, on peut se demander pourquoi cette référence aux bornes est-elle placée au milieu d’un texte consacré à l’explicitation du commandement Tu ne commettras pas de meurtre. La raison semble en être que dans les deux cas, tant dans celui du vol par déplacement de borne que dans celui du meurtre, la notion de limite est capitale.

Que va-t-on aujourd’hui vraisemblablement faire en Suisse ? On enlève une borne du droit. La borne affirmait : “L’avortement est un meurtre".   En ce jour, on demande au peuple suisse d’entériner légalement la pratique, courante et non sanctionnée, de l’avortement et ainsi de faire disparaître cette borne juridique ancestrale. Pascal ne disait-il pas que celui qui enlève les bornes, c’est-à-dire le législateur qui change la loi de façon injuste (qui fait de la loi une injustice institutionnelle), commet un plus grand forfait que le simple criminel qui (si l’on peut parler ainsi) ne fait que l’enfreindre. C’est-à-dire que nos politiciens (et tous les hommes d’Eglise qui appuient cette nouvelle loi) sont de plus grands criminels devant Dieu que les avorteurs eux-mêmes. On ne peut pas déplacer les bornes d’une société - les garde-fous fixés par le langage, les coutumes saines, les lois, la Parole de Dieu - sans en venir à des conséquences terribles. C’est, entre autres, pour cette raison qu’il est si grave pour un pays d’être accablé de mauvais théologiens.

C’est pour cela que dans la Bible le fait de falsifier la Parole de Dieu ou de prophétiser faussement sont des crimes passibles de la peine de mort. Cela soulignait le fait dramatique que si les bornes établies par Dieu sont falsifiées, la société tout entière ne peut qu’aller à la perdition. Dans les chapitres 19 à 21 du livre du Deutéronome nous trouvons un commentaire détaillé du sixième commandement. On y constate plusieurs choses.

D’abord, il y est établi des villes de refuge et par ce moyen une distinction pratique est explicitée entre l’homicide volontaire et l’homicide involontaire. On ne peut pas punir le premier de la même manière que le second sans commettre une grave injustice.

Ce texte nous donne l’exemple d’un homme qui tue accidentellement son voisin en coupant un arbre : la cognée se détache du manche et frappe un homme qui meurt. Il ne s’agit évidemment pas d’un meurtre ; c’est un homicide accidentel, donc involontaire, sans désir de nuire. Mais le vengeur du sang (qui joue ici les rôles de la police, du procureur, du juge et du bourreau) a l’obligation légale de rétablir la justice en faisant réparation, c’est-à-dire en exerçant la vengeance divine sur le responsable de l’homicide.

C’est dans cette perspective que le législateur biblique établit des villes de refuge où la personne responsable de cet homicide pourra se réfugier jusqu’à ce que les circonstances exactes du cas soient bien établies devant des juges.

Au verset 10, du chapitre 19, il est fait référence aux condamnations injustes faites par erreur judiciaire, erreurs que le législateur cherche à rendre rares en imposant l’obligation d’avoir plusieurs témoins pour obtenir une condamnation légitime.
L’absence de condamnation juste, elle aussi une erreur judiciaire, est une défaillance du droit aussi grave qu’une condamnation injuste. Il y est question aux versets 11 à 13 de ce chapitre.

On oublie bien souvent, dans notre sympathie unilatérale pour la victime d’une erreur judiciaire, que l’erreur judiciaire ne se réduit aucunement à condamner un innocent, mais s’étend également au fait de ne pas condamner un coupable. Ce sont de telles erreurs judiciaires que nous commettons depuis longtemps dans notre pays en ne condamnant pas ceux qui ont pratiqué des avortements en toute impunité. Ils restent tout simplement impunis pour leurs crimes. Une telle impunité de l’avortement s’apparente bel et bien à autant d’erreurs judiciaires.

La protection de la personne mise en accusation va plus loin encore. Le faux témoignage devra, selon la Loi hébraïque, être châtié de manière exemplaire. Par exemple, si un faux témoignage doit conduire l’accusé à une peine de prison, la personne ayant témoigné faussement contre son prochain dans le but de nuire, doit lui-même subir une condamnation identique à celle qu’il escomptait obtenir pour celui, à l’égard duquel, il manifestait ainsi sa haine.

Ensuite, l’explication du sixième commandement traite du service militaire. Tuer un soldat ennemi, - acte qui ne pourra évidemment jamais être considéré comme moralement positif - peut cependant être un acte parfaitement légitime et, en conséquence, non condamnable. Il ne s’agit aucunement de la même chose qu’un homicide volontaire. Cette considération montre bien qu’il n’y a pas de place dans la Bible pour l’idéalisme sentimental parfaitement irréaliste qui caractérise bien souvent ce qu’on appelle, "l’objection de conscience”. Cependant, il existe des exemptions au service militaire. Par exemple, si un homme a bâti sa maison et ne l’a pas habitée, ou s’il a planté une vigne dont il n’a pas encore vendangé le fruit, s’il vient de se marier et n’a pas encore consommé son mariage, il ne doit pas partir à la guerre. Il existe ici une autre exception, celle qui concerne les lâches ou ceux qui craignent de se faire tuer. Ils sont tout simplement dispensés de tout service militaire car leur seule présence constitue un handicap certain pour l’armée. Une telle loi risquerait fort d’éclaircir les rangs de l’armée si elle était aujourd’hui appliquée chez nous. Si l’on part à la guerre, il est dit qu’il ne faut pas avoir de crainte parce que la guerre juste est une affaire qui regarde Dieu ; car “l’Eternel combat avec toi”, pour autant, bien sûr, que la guerre soit en effet “juste”. Il existe en effet des conditions précises pour qu’on puisse considérer une guerre juste, mais ce n’est pas ici notre propos. En plus, il est ordonné que lors du siège de villes fortifiées les hommes refusant de se rendre soient tués. Dans le cas de la conquête de Canaan, un pays voué au jugement de Dieu car il s’était depuis fort longtemps abandonné à des actes que l’Eternel jugeait abominables, on devait exterminer tout ce qui était en vie, tant hommes qu’animaux. Mais, par souci de l’avenir, il était cependant ordonné de préserver les arbres fruitiers.

Conclusion La différentiation fondamentale permettant de distinguer entre un homicide volontaire (donc un acte criminel) et un homicide non volontaire ou même légitime, (c’est-à-dire non punissable par la loi), se fonde sur la réponse que l’on donnera à la question suivante : l’homicide a-t-il été commis avec ou sans haine, c’est-à-dire avec la volonté expresse de nuire à son prochain ?

Voici le cas du meurtrier qui s’enfuira là pour conserver la vie, lorsqu’il aura tué son prochain par mégarde, sans l’avoir haï auparavant  ... Deutéronome 19.4-5 Par contre dans l’homicide volontaire, la haine est présente  : [...] mais s’il arrive qu’un homme ait de la haine pour son prochain, lui tende des embûches, se dresse contre lui et le frappe mortellement et que l’autre meurt ; s’il s’enfuit dans l’une de ces villes, les anciens de sa ville l’enverront saisir et le livreront entre les mains du vengeur du sang [c’est-à-dire du bourreau], afin qu’il meure. Ton œil sera sans pitié pour lui, tu extirperas d’Israël [c’est-à-dire fera expiation en Israël pour] le sang de l’innocent et tu seras heureux (Deutéronome 19.11-13).

Ceci nous conduit à l’enseignement de Jésus-Christ qui identifie la haine du cœur envers son prochain avec le meurtre.

Pour conclure, nous nous limiterons à une courte méditation du passage du Sermon sur la Montagne où le Christ, qui donna Lui-même ce commandement à Moïse au Mont Sinaï, le commente ainsi : Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras point de meurtre, celui qui commet un meurtre sera passible du jugement. Mais moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement (Matthieu 5.20-22).

Signalons ici qu’il existe parfois des colères qui sont justes. Jésus Lui-même nous en a donné des exemples lors de son ministère terrestre.

L’apôtre Paul nous donne un ordre très précis à ce sujet : Mettez-vous en colère mais ne péchez pas [Et non pas, comme on le traduit souvent : “Si vous vous mettez en colère ne péchez pas.”] (Ephésiens 4.26)

Ce que condamne le Christ n’est pas cette colère juste, reflet humain de la sainte colère de Dieu, mais une colère mauvaise qui exprime la haine du cœur envers son prochain. Le Christ nous fait comprendre le rapport d’une telle haine avec le sixième commandement. Il faut refuser cette rancune nourrie dans le cœur et qui est la vraie source de l’homicide.

Le Christ poursuit : Celui qui dira à son frère : Raca ! [celui qui dira à l’embryon, Raca. Tu n’es pas un être humain, mort à toi, à la poubelle tout de suite !] sera passible du Sanhédrin. Celui qui dira insensé sera passible de la géhenne du feu.
Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. Arrange toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur que l’adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et que tu ne sois mis en prison.
En vérité je te le dis, tu ne sortiras point de là que tu n’aies payé jusqu’au dernier centime (Matthieu 5.22-26).

Que Dieu soit loué car notre Seigneur Jésus-Christ a lui-même payé pour nous le dernier centime de notre dette infinie envers Lui. C’est la peine de mort instituée par Dieu Lui-même, et subie par son Fils unique à notre place à la croix qui nous permet d’être libérés de toute condamnation dans le présent comme à l’avenir.

Le désir illégitime des hommes d’abolir la peine de mort, supplice que l’on rejette comme injuste et cruel n’est en conséquence pas seulement en complète contradiction avec l’ensemble de l’enseignement biblique, mais aboutit en fin de compte à priver les hommes de tout espoir de salut. Car, sans la mort du Christ à la croix, la dette de notre péché - la mort étant le juste salaire de ce péché - ne saura jamais être payée.

Gloire soit rendue à Dieu pour une telle grâce qui fait que, pour nous qui par notre péché méritions une telle mort, il n’existe plus aucune condamnation car nous sommes au bénéfice de l’exécution capitale qui est tombée sur le Seigneur Jésus-Christ à notre place.

La bienveillance et la vérité se rencontrent,
La justice et la paix s’embrassent ;
La vérité germe de la terre,
Et la justice se penche du haut des cieux

(Psaume 85.21-22)

Amen